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Communiqué à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre l’homophobie, la transphobie et les LGBTphobies

Chaque année, le mouvement queer et LGBTIQ célèbre le 17 mai la journée mondiale de lutte contre les violences et les discriminations homophobes et transphobes. Ces violences ne laissent pas un jour de répit aux personnes LGBTIQ.

Le 17 mai, il est temps pour nous d’exiger la fin du martyr de certain.es d’entre nous, victimes de la haine et de la violence structurelle machiste et patriarcale qui est la règle à travers le monde.

En effet, sur le plan international :

Le monde assiste à une forte montée du racisme et de la haine aux conséquences structurelles et durables attisés par les chiens de garde du système et de l’exploitation. Les premiers.èrestouché.e.s sont les personnes queers réfugié.e.s ou demandeurs.euses d’asile originaires du Sud. En effet, beaucoup de pays européens instrumentalisent à des fins de politique intérieur la question des droits de l’homme et pratiquent sur ce sujet un double discours au détriment des réfugié.e.s queers. Ainsi, ils considèrent certains pays qui criminalisent les personnes LGBTQI comme des destinations « sûres » ou encore pratiquent une politique d’expulsion vers les pays d’origine des personnes queers où celles-ci sont en danger de mort.

Sur le plan régional :

Le monde arabe et le Maghreb connaissent encore une situation de répression et de haine à l’encontre de la communauté LGBTQI et des mouvements qui défendent leurs droits. Les changements politiques et processus révolutionnaires qu’a connus la région n’ont pas profité aux droits LGBTQI malgré les luttes, campagnes et mobilisations des associations et groupes de défense de ces droits.

Israël continue son pinkwashing et tente de passer sous silence les crimes commis dans les territoires occupés et les résistances qui y ont lieu. Son soutien relatif aux droits LGBTQI lui sert à véhiculer une image de havre de paix et de sécurité et à faire la propagande de l’occupation.

D’autre part, on observe une résurgence des discours de haine de la part de groupes extrémistes et d’ennemis des droits humains qui en sont venus à appeler à l’interdiction de rassemblements militants (comme l’interdiction de la conférence Nedwa au Liban l’année dernière à cause de menaces proférés par certaines autorités religieuses).

Néanmoins, les personnes et organisations LGBTIQ militent, occupent l’espace médiatique et publique aujourd’hui et demain pour résister, lutter et faire respecter l’égalité des genres et la diversité sexuelle.

Sur le plan national :

Les marocains ont vécu le jour de l’anun crime homophobe et transphobe terrible  contre une personne de la communauté LGBTQI.  Cette affaire est maintenant connue comme celle de « l’homosexuel bounani ». Ce qu’a vécu Bounani représente la réalité d’oppression et de haine des homosexuel.les, trans et personnes qui dérogent aux normes de genre qui sont tout.e.s criminelles selon l’article 489 du code pénal marocain. Toutes les tentatives depuis 2011 pour faire évoluer le code pénal sur les enjeux de société ont échoué, ce qui affecte en premier lieu les catégories les plus fragiles et vulnérables à la violence et à la haine. Au contraire, le pays a connu des reculs constants en termes de droits humaines et de protection des militant.e.s des droits humains au Maroc.

Ainsi, l’association Akaliyat, afin de mettre un terme à la discrimination et à la criminalisation des minorités sexuelles, demande :

  1. L’abrogation de l’article 489 du code pénal marocain
  2. L’approbation par le parlement d’une loi qui criminalise la violence et la haine LGBTphobes et à l’égard des réfugiés et autres catégories vulnérables
  3. L’abandon des poursuites envers ceux incriminés par l’article 489 précédemment cité
  4. La protection des militant.e.s des droits humaines et des groupes informels de défense des droits humaines et des minorités sexuelles
  5. L’écoute et le soutien des victimes de violence officielle et un jugement et des poursuites publics à l’égard des responsables.
  6. Le droit d’association et d’organisation des groupes queers et des militant.e.s des droits LGBTQI et la fin de la répression et de l’étouffement à leur encontre

Nous appelons tou.te.s ceux.elles qui participent à cette la lutte à s’allier contre toute forme de haine et de violence basées sur l’orientation sexuelle ou l’expression de genre.

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